Ni Guru ni Maître… Ces quelques mots, souvent prononcés par Jean Dubuis, traduisent clairement la façon dont il conçoit sa mission : désocculter la connaissance et la transmettre dans un esprit de liberté, proposer des outils pour marcher dans le sens de son Devenir, rappelant que pour comprendre Le Grand Livre de la Nature, deux choses sont nécessaires : « une tête bien faite et un coeur généreux ». Il invite au « Ora et Labora » (« médite et travaille »). Ainsi, est toujours sienne la devise du Bouddha Gauthama : "Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque sage ancien. Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres. Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie".

vendredi 4 juin 2010

Comment prétendre exercer une médecine chinoise traditionnelle ? Thérapies Médecine chinoise...




VIDEO SUR BAGLIS TV

Par : Elisabeth Rochat de la Vallée - Juin 2010

Si l’on admet que la science moderne en général, et la médecine en particulier, font des progrès fascinants, apportant une certaine forme de bien-être et de longévité, quel intérêt peut donc encore avoir une médecine datant de 2500 ans ? Et quelle prégnance peuvent encore revêtir ces textes anciens ?

Pour répondre à cette question, nous avons réuni Elisabeth Rochat de la Vallée, sinologue, Jean Motte, acupuncteur et directeur de l’école d’acupuncture traditionnelle Centre Imhotep, et Pierre-Marie Hazo, praticien.

Les enseignements spirituels, psychiques et thérapeutiques de la médecine chinoise replacent l’homme dans son environnement c’est à dire entre le ciel et la terre. L’homme est perçu comme « pris en tenaille » entre le très haut, le ciel, où trône l’intelligence supérieure, et le très bas, où règne la matérialité et sa déviance : le désir d’accumulation.

Jean Motte nous rappelle les adages de la pensée chinoise « plus j’ai moins je vis », ou encore cette exhortation à l’ouverture du coeur: « on vit par sa surface et on meurt par son volume ».

L’art de l’acupuncture, le Shen, l’importance du souffle (Qi) sont ainsi concrètement expliqués et mis en perspective à travers les différentes époques de l’histoire de la Chine: ces pratiques permettent un rééquilibrage de l’homme.

- comment dissocier le savoir-faire et le savoir-être ?

- quel lien existe-t-il entre le traitement et la guérison ?

- quelle vision du monde et quel sens de la vie nous proposent la philosophie chinoise ?

- si l’on accepte l’existence d’une hiérarchie (hieros-archos : pouvoir sacré) entre le ciel et la terre, et que cette hiérarchie représente une polarité et non une opposition : la médecine chinoise, de par sa dimension spirituelle, permet-elle de rétablir l’inversement des pôles Ciel-Terre que caractérise la modernité et l’hyper-consumérisme actuel?

N’est-ce pas tout simplement par sa simplicité et son bon sens que s’explique la pérennité de cette médecine ?

A vous de vous faire une idée dans cette table ronde de deux heures filmée au Forum 104.

UN EXTRAIT :

http://www.baglis.tv/index.php?option=com_content&task=view&id=860&Itemid=306

La méditation... la relaxation... la visualisation...


Méditer

La méditation... la relaxation... la visualisation... ça peut sembler très proche mais quand on y regarde de plus près, il existe des différences importantes.

Par Thich Nhat Hanh

"La méditation... la relaxation... la visualisation... c'est pas mal, la même chose" diront ceux et celles qui n'ont pas eu l'occasion "d'essayer" ces 3 approches... Oui, à première vue ça peut sembler très proche tout cela mais quand on y regarde de plus près, il existe des différences importantes.

Prenons la méditation et la relaxation ! Ces 2 techniques procurent à qui les pratique une plus grande capacité à relâchcr les tensions mais c'est sans doute là l'un de leurs rares points en commun, la relaxation procure un relâchement, une détente qui favorisent la qualité du sommeil. En méditation, le calme intérieur obtenu par la pratique conduit au contraire à l'éveil (il petit toutefois arriver lorsqu'on médite, le soir en particulier, que l'envie de dormir apparaisse... c'est correct... mais les bienfaits de la méditation s'estompent avec la somnolence). En méditant, on devient de plus en plus conscient... on s'éveille par l'observation des pensées, des états et des émotions qui nous habitent ici et maintenant.

En développent notre capacité à vivre dans l'instant présent nous contribuons, par nous-même, à améliorer notre qualité de vie sur tous les plans. La méditation permet de nous observer et de nous connaître en profondeur tout en abandonnant progressivement la fâcheuse habitude de juger et pire encore, de nous juger nous-même (source de la culpabilité). La méditation est une méthode pratique de connaissance et de conscience de soi ; elle permet d'unifier corps et esprit.

Il n'est pas utile de chercher à comprendre ce qu'est la méditation, comme il est préférable de ne pas avoir d'attentes face à sa pratique (méditer afin d'améliorer ceci ou cela, méditer pour atteindre tel ou tel état etc.) La compréhension de la méditation ne passe pas d'abord par la tête, le mental le rationnel mais plutôt par l'ouverture progressive du coeur, de l'être, du Soi. Méditer c'est comme... skier ! Je sais faire du ski par la pratique ; j'apprend la méditation en méditant. C'est par la pratique que j'apprend à méditer.

La technique de méditation que nous utilisons à la pagode a été éprouvée et testée par une foule d'humains et ce, depuis plusieurs années (plus de 2,500 ans pour être plus précis). Elle fut adoptée au temps du Bouddha et ré-actualisée il y a quelques années par le moine zen vietnamien Thich Nhât Hanh qui l'a transmise en Occident. La pratique, basée sur la respiration, est accessible aux personnes de toutes croyances et à celles qui n'ont pas de croyances particulières. Cette pratique zen (moins rigoureuse que le zen.japonais) nous aide tous à mener une vie plus heureuse et plus harmonieuse.

En pratiquant la respiration consciente notre pensée ralentit son rythme et nous pouvons nous accorder un vrai repos. Nous pensons trop dans l'ensemble, et la respiration consciente nous calme, nous détend et nous apaise. Elle nous permet de nous arrêter de trop penser et de ne plus être obsédés par les souffrances du passé et le souci de l'avenir. Elle nous relie à la vie, tellement belle dans l'instant présent.

Il est bien sûr important de penser, mais bon nombre de nos pensées sont vaines. C'est comme si chacun de nous avait un magnétophone dans sa tête qui ne cesserait de tourner jour et nuit. Nous pensons à ceci, à cela, et avons du mal à nous arrêter. Si nous avions affaire à une cassette, il n'y aurait qu'à appuyer sur un bouton. Mais notre mental n'a pas de bouton d'arrêt. Nous pouvons penser et nous faire du souci jusqu'à en perdre le sommeil. Aller dans ce cas voir un médecin qui nous prescrira un somnifère ou un tranquillisant n'est pas la solution. La situation risque de s'aggraver car de tels médicaments ne nous donnent pas un vrai repos. De plus, après un certain temps nous risquons d'en devenir dépendants. Nous continuerons à vivre dans la tension et ferons peut-être même des cauchemars.

Grâce à la respiration consciente nous faisons en nous le vide, car dire " dedans " en inspirant et " dehors " en expirant, ce n'est pas penser ! " Dedans " et " dehors " sont simplement deux mots qui nous permettent de nous concentrer sur notre respiration. Respirer de cette manière pendant quelques minutes délasse énormément. Nous nous retrouvons et pouvons alors rencontrer les choses si belles autour de nous dans l'instant présent. Le passé est révolu, le futur n'existe pas encore. Si nous ne revenons pas à nous-mêmes dans l'instant présent, il nous est impossible d'être en contact avec la vie.

Étant en contact avec les éléments de régénération, d'apaisement et de guérison qui sont en nous et autour de nous, nous apprenons à les choyer et à les faire croître. Ces éléments propices à la paix nous sont accessibles à tout instant.

La sérénité de l'instant Éd. Dangles, 1992.

La méditation marchée

Marcher en méditant peut être très agréable. Nous nous promenons à pas lents, seuls ou avec des amis, si possible dans un très bel endroit. La médiation permet de vraiment apprécier la marche - nous ne marchons pas pour arriver quelque part, mais pour la marche elle-même. Le but est d'être dans l'instant présent, conscients de notre respiration et du fait de marcher, pour pouvoir goûter chacun de nos pas. Nous devons nous débarrasser de nos problèmes et angoisses, ne pas penser au futur ni au passé, et simplement goûter l'instant présent. Nous pouvons prendre la main d'un enfant. Nous allons pas à pas, comme si nous étions chacun l'homme le plus heureux de la terre.

Nous marchons constamment, mais habituellement plutôt au pas de course. Ainsi la terre est marquée de notre anxiété et de notre douleur. Il nous l'aut marcher de façon à seulement la marquer de paix et de sérénité. En étant aptes à faire un pas paisible et heureux, nous travaillons pour lit paix et le bonheur de l'humanité toute entière. La marche méditative est un exercice merveillleux,

En nous exerçant à la marche méditative, nous ralentissons un peu notre allure habituelle et coordonnons pas et respiration, Nous pourrions faire trois pas sur l'inspiration et trois sur l'expiration, dire par exemple : " dedans, dedans, dedans. dehors, dehors, dehors ", pour nous aider à identifier l'inspiration et l'expiration. Le fait de nommer une chose la rend plus réelle, c'est comme de prononcer le nom d'un ami.

Si vos poumons ont besoin de quatre pas au lieu de trois, s'il vous plaît, écoutez-les. S'ils ne demandent que deux, ne leur en donnez que deux. Vos inspirations peuvent également ne pas avoir la même durée que vos expirations. Vous pouvez faire trois pas à l'inspiration et quatre à l'expiration. Si vous êtes content ainsi, y trouvez paix et joie, c'est que vous avez trouvé le rythme qui vous convient.

Soyez conscient du contact de vos pieds avec la terre. Marchez comme si vous l'embrassiez de vos pieds. Nous avons beaucoup endommagé la terre. Le temps est maintenant venu de bien prendre soin d'elle. Nous lui apportons notre paix et notre calme et partageons la leçon d'amour. C'est dans cet esprit-là qu'il nous faut marcher. Voyant ici et là quelque chose de beau, nous nous arrêtons pour regarder - l'arbre, la fleur. les enfants qui jouent. Pendant ce temps, nous continuons d'être attentifs à notre respiration, sous peine de perdre la belle fleur et de nous égarer dans nos pensées, désirant ensuite marcher de nouveau, nous repartons tout simplement. Chacun de nos pas fait se lever une brise fraîche, rafraîchissante pour le corps et l'esprit. Chaque pas épanouit une fleur sous nos pieds. Ce qui n'est possible qu'en ne pensant ni à l'avenir ni au passé, si nous nous rappelons que la vie peut seule être découverte dans l'instant présent.

La marche méditative - remède contre la colère

Lorsque la colère naît, nous pouvons sortir et faire une marche méditative, L'air trais, le vert des arbres et des plantes nous seront d'un grand secours. Nous pouvons pratiquer de la manière suivante :

"Inspirant, je sais que la colère existe.

Expirant , je sais que la colère est en moi.

Inspirant, je sais que ma colère est désagréable.

Expirant, je sais que ce sentiment va disparaître.

Inspirant, je suis calme.

Expirant, je me sens assez fort pour prendre soin de cette colère".

Pour atténuer le sentiment désagréable né avec la colère, nous devons mettre tout notre coeur et tout notre esprit dans cette marche méditative, ajuster le rythme de notre respiration à celui de notre marche, concentrer notre attention sur le contact réciproque de la plante des pieds et de la terre. Marchant, nous récitons ce poème et attendons d'être suffisamment apaisés pour regarder en face la colère. Jusque-là, nous pouvons goûter notre respiration, notre marche et la beauté ambiante. Notre colère tombera et nous nous sentirons plus forts. À ce moment-là, nous pourrons commencer à l'observer directement pour essayer de la comprendre

Extraits de La sérénité de l'instant, Dangles, 1992

Thich Nhat Hanh

Village des pruniers

Centre Martineau

33580 Dieulivol

Téléphone :05 56 61 84 18


http://www.villagedespruniers.org/

jeudi 27 mai 2010

ENQUETES EXTRAORDINAIRES sur les guérisseurs, magnétiseurs, barreur de feu...

Une émission proposée sur M6 la semaine dernière,

voici le lien vers cet excellent reportage à voir sans faute :


http://www.m6replay.fr/#/emissions/enquetes-extraordinaires/12400

samedi 27 mars 2010

Vers une médecine sacramentelle - Thérapies - Médecine médiévale - par Cyrille Pelard


Une médecine non médicale est-elle envisageable dans notre vision du monde ? Non si l’on s’en tient au paradigme de la raison et de la science. Oui si l’on renoue avec un sens actif et opératif du sacré. En effet, à l’origine de la pensée chrétienne, salut et santé sont deux termes permutables, inclus d’ailleurs dans le même terme grec « soteria ». D’après Cyrille Pelard, le Christ se présente à nous comme grand Thérapeute afin de nous sauver, nous guérir, nous re-susciter. Il nous montre l’exemple car, dit-il, le « thérapeute » est celui qui, d’abord, conduit vers Dieu : de cette réorientation de l’être découleront santé et bien-être.
Tout sacrement est un rite symbolique de guérison ; le parcours spirituel du chrétien vise donc la traversée des cercles de la mort, avec Iéschoua pour guide, et ce jusqu’à la Vie éternelle. Ainsi, l’Eucharistie donne liturgiquement ce pain de Vie, ce vin d’éternité et l’ onction d’huile (Euchélaïon) enveloppe de force odorante et de douceur pénétrante l’impétrant, afin de faire mieux passer les prières dans son corps.

La maladie n’est donc pas que mécanique, mais au contraire, elle peut être lue comme le terminal physique d’un mal invisible qui se dit (mal-a-dit). Si chaque maladie invite à une remise en question, chaque geste de guérison s’appuie sur une représentation du monde implicite. La médecine apparait donc innervée de philosophie, de métaphysique et d’un mystère de transcendance. Guérir c’est revenir à Dieu, à ce soi-même ignoré de soi. La guérison, de somatique parce que nous sommes au creuset de la matière, se doit d’être spirituelle parce que nous sommes aussi opérateurs de conscience.


http://www.baglis.tv/accueil.html

jeudi 25 mars 2010

FORUM DIALOGUE INTERRELIGIEUX

Benoît Billot,
le père zazen


Ce prêtre bénédictin a découvert, dans les années 1980, le Japon et sa tradition du bouddhisme zen. De cette « greffe réussie », est née l'envie de revisiter la foi chrétienne pour y intégrer la « sagesse du corps ».

Rassemblés en cercle, des moines bouddhistes du village des Pruniers méditent aux côtés du prêtre bénédictin Benoît Billot. L'homme de 75 ans ne quitte pas sa croix de bois pendue au cou pour cette rencontre avec les membres de la sangha de l'Inter-Être, en retraite pour plusieurs jours au prieuré d'Étiolles. Un coussin sous sa jambe gauche l'aide à tenir une assise impeccable et trahit une pratique assidue. Les moines sont intrigués et veulent en savoir davantage sur sa découverte du zazen, cette posture chère à Bouddha :
« Quand j ai eu une tuberculose pulmonaire à 35 ans, je me suis rendu compte que le christianisme négligeait le corps. Or, le divin s'incarne dans le corporel, dans les formes. J'ai commencé par faire vingt-cinq minutes d'assise le matin et le soir, car je sentais que c'était bon pour moi. Puis je suis parti au japon où j ai découvert une autre manière de pratiquer le zen. »
S'il raconte modestement sa rencontre avec cette culture orientale, son voyage au pays du Soleil levant représente pourtant une expérience historique et inédite pour l'époque: en 1983, une vingtaine de moines et de moniales catholiques rendent visite à leurs homologues, dans le cadre du dialogue interreligieux monastique. Des caméras du monde entier couvrent l'événement. Benoît Billot en a fait un livre (Voyage dans les monastères zen, Desclée de Brouwer,1987), tant il a subi un dépaysement profond et ébranlant: « Ma vie monastique et ma foi chrétienne ont été dépoussiérées. Jai vécu cette expérience comme un recommencement, une seconde illumination. »

« Être sur la route qu'il faut »

Le premier choc remonte à l'âge de 25 ans. Malgré une éducation catholique très stricte et rigide, sa foi lui apparaît un jour comme une vocation, un appel divin : « Soudain, l'univers s'est transformé dans mon esprit. La profession, la vie de famille que je désirais ont disparu. Le choix de la vie monastique est devenu clair. Depuis ce moment, je ressens une énergie étonnante et le sentiment d'être sur la route qu il faut. » Benoît Billot abandonne ses études d'horticulture et devient prêtre à 31 ans. Au monastère bénédictin du prieuré Saint-Grégoire-de-Rungis, il mène une existence communautaire intense, entouré de ses « frères ». Mais la certitude du chemin n'évince pas ses questionnements. Il se sent étouffer dans ses croyances. La remise en cause ne suffit pas. Les années passent. La peur de devenir amer et aigri le tenaille. La maladie frappe. Au sanatorium, il réalise qu'il doit trouver un nouveau souffle spirituel. Pour mieux respirer. Et remédier à l'intégration physique, en panne dans son christianisme d'origine. L'Inde l'attire. Des amis l'y invitent. Il s'essaie au yoga et séjourne plusieurs fois dans des âshrams, sans grande conviction: « J'ai rencontré plusieurs swamis, des maîtres, mais je n'ai pas senti un appel très fort de l'hindouisme, ni une parenté particulière avec cette religion. » Dans les monastères bouddhistes, il renaît. Les Japonais le reçoivent avec tant de solennité et de sérieux qu'il se sent intégralement plongé dans le bain monastique zen. L’expérience est transcendante. Le bouddhisme devient sa seconde religion. Il aime décrire sa démarche comme une « greffe réussie ». Désormais, il n'« a » plus un corps, il « est » un corps: « C'est un changement de perspective considérable. Par exemple, les maladies sont dépendantes du corps, mais aussi du psychisme et de l histoire personnelle. De plus, on doit apprendre aux gens à vieillir, à accepter leur corps qui change. Il faut sortir de cette tradition chrétienne qui conçoit le corps comme un obstacle au salut. » Benoît Billot aborde cette problématique lors de retraites organisées au prieuré pour les personnes de plus de 70 ans.

Psychanalyse et quête du divin

Au quotidien, il travaille la détente et la circulation des énergies, une technique qui évite, selon lui, les pathologies. Pendant l'assise, il ne fait rien d'autre « qu' étre là, dans la présence et dans l'accueil ». En cela, il croit se rapprocher de Bouddha. À travers cette « sagesse du corps » inséparable de l'esprit, il repense son lien avec Dieu, sans dualité: « Plus jeune, la frontière entre Dieu et moi était infranchissable à mes yeux.,Avec le bouddhisme zen, jai rencontré l'apophatisme, c'est-à-dire le fait que toutes les définitions de Dieu sont inexactes. Quelque chose de plus profond unit les individus. Il existe une relation entre l Éternel et moi. Aujourd'hui, dans mes rapports avec le Seigneur, je suis lui et il est moi. » Benoît Billot a également fait une psychanalyse durant dix ans, après plusieurs séjours en Allemagne, dans le centre de son ami psychothérapeute Karlfried Graf Dürkheim. Ce travail introspectif a nourri sa foi. Selon lui, l'exercice psychologique relève du divin: « Il y a plus que le niveau psychologique et inconscient. On peut sentir une sorte de vibration, un ailleurs qui se manifeste dans la prise de conscience. La psychanalyse m'a appris à ramener Dieu dans mon quotidien. »
Cette quête spirituelle, Benoît Billot la partage. En 1989, il fonde la Maison de Tobie. À l'image du personnage biblique, l'association invite à un parcours initiatique par

« Il faut sortir de cette tradition chrétienne qui conçoit le corps comme un obstacle au salut »

http://www.lamaisondetobie.com/index.php?page=activites&act=11&p=description

la contemplation, la « prière du coeur » et la méditation. Des pratiques qui s'inspirent du bouddhisme et du christianisme. Avant sa rencontre avec le zen, les rencontres interreligieuses le préoccupaient déjà: en 1981, il est nommé responsable du dialogue interreligieux monastique (DIM) pour la France et la Suisse. A ce titre, il est souvent considéré comme spécialiste de la question. Son dernier ouvrage, Comment peut on être chrétien ? (Relié, 2009), synthétise ses expériences et montre la possibilité de revisiter la foi chrétienne à travers d'autres traditions religieuses. Benoît Billot sait que son parcours ne fait pas l'unanimité. Il s'amuse qu'un jour, on ait pu lui dire qu'il pactisait avec le diable ! Pour lui, le dialogue interreligieux est une urgence, une lutte pour que « les portes et les fenêtres des différentes religions ne se referment pas ».

Séverine Sannom

Source : Le Monde des religions, N° 39, page 18 et 19, janvier-février 2010
http://www.laboutiquelemondedesreligions.fr

lundi 8 mars 2010

Interview Tamura Nobuyoshi, l'aigle de l'Aïkido


Interview Tamura Nobuyoshi, l'aigle de l'Aïkido

Tamura Nobuyoshi est 8ème dan de l’Aïkikaï de Tokyo. Proche disciple de Moriheï Ueshiba, fondateur de l’Aïkido, il vit en France depuis 43 ans et enseigne à travers le monde.

Le sourire bienveillant et la frêle silhouette de maître Tamura sont connus des pratiquants du monde entier. De même que le regard d’aigle et l’extraordinaire virtuosité technique dont il fait preuve dès qu’il pratique.
L’Aïkido de maître Tamura est rapide, subtil et extrêmement martial. Après plus de cinquante ans de pratique sa technique est si aiguisée que tous les mouvements superficiels ont disparus ne laissant aujourd’hui transparaître que l’essence de son art dans des gestes si subtils qu’ils sont presque invisibles et paraissent magiques au non-initié.

Evitant d’ordinaire les médias maître Tamura nous a accordé une interview exceptionnelle où il nous livre les souvenirs et les réflexions d’une vie de pratique. Rencontre avec un maître de légende au regard acéré mais plein d’humour...

Tamura Nobuyoshi, l'aigle de l'Aïkido

Bonjour senseï. Quelle est la différence entre le Budo et le Bujutsu ?

Au départ les techniques sont nées à la suite de l’analyse de combats victorieux. C’est ainsi qu’ont été créés les premiers kumitachis (enchaînements de sabre à deux). On a découvert que tels mouvements permettaient de faire face à tel type d’attaque. Petit à petit les techniques ont été rassemblées afin de créer un chemin qui pouvait être emprunté par l’entraînement.
Mais bu a un sens différent selon les personnes. Pour certains il s’agit d’un force destructrice, pour d’autres c’est une force de paix.
Jutsu signifie technique et do signifie voie. Etudier un jutsu c’est apprendre une technique qui sert à accomplir un but, dont l’utilisation est une finalité en soi. Etudier un do c’est suivre un chemin vers l’homme qui est en nous. Un chemin que chacun peut emprunter et qui a été créé pour pouvoir être suivi par tous.
C’est cette idée qui est aussi à la base du shintoïsme ou du bouddhisme. Maintenant malheureusement nous sommes souvent loin de cette idée d’origine...

suite sur :
http://www.tsubakijournal.com/article-7142924.html

http://www.tsubakijournal.com

dimanche 14 février 2010

Passe sans Porte, an 1229, 48 kôan anciens, Règle 6/48: LE VENERE DU MONDE TORD LA FLEUR.














Jadis, le Vénéré du monde (I) montra une fleur en la tordant à une congrégation assemblée sur le Mont des Vautours. Alors, tout le monde observa le silence. Cependant, seul le Vénérable Mahâkâsyapa sourit largement. Le Vénéré du monde dit :

« J'ai « Le magasin de l'oeil mental de la vraie Loi » et la porte d'entrée de la Loi subtile (l'Esprit nirvânique et l'aspect réel sans aspect). Elle n'est pas exprimée par l'écriture, mais est transmise spécialement hors de la doctrine. Je la trans¬mets à Mahâkâsyapa. »

Réflexions badines de Wou-men

Gautama (2) au visage jaune, insolent comme s'il n'y avait personne autour de lui, dédaigne les hommes pieux; il suspend des têtes de mouton devant sa boutique, mais vend la viande de chien. J'espérais qu'il ferait des prodiges. Seulement, si tout le monde souriait à ce moment là, comment Gautama transmettrait-il « Le magasin de l'oeil mental de la vraie Loi » ? Si Mahâkâsyapa ne souriait pas, comment Gautama transmettrait-il cette fois « Le magasin de l'oeil mental de la vraie Loi » ? Si vous dites que. K Le magasin de l'oeil mental de la vraie Loi peut être transmis, vous êtes un rustre trompé par le vieux maître au visage jaune. Si vous dites qu'il ne peut pas être transmis, pourquoi Gautama admet-il Mahâkâsyapa seul? Voici mon poème

Lorsque Gautama tord la fleur, Sa queue est déjà découverte.
Sa queue est déjà découverte.
Mahâkâsyapa sourit.
Nul autre, terrestre ou céleste, ne le comprend.

Notes explicatives

Mahâkâsyapa était le premier des dix grands disciples du Bouddha. Après la mort du Bouddha, il fut mis à la tête de la confrérie et présida l'ensemble des réunions connues sous le nom de « premier concile » bouddhique. Bien que d'autres moines et laïcs fussent absorbés par la cérémonie funéraire du Bouddha ou par l'offrande, il déclara :

« Nous n'avons pas affaire aux os de Diamant (on appelle le Bouddha ainsi). Nous devons collectionner les essences de la Loi et ne devons pas en interrompre la succession. »

Ainsi il dirigea, par ses interrogations, la récitation de la Discipline (Vinaya) et de la Loi (Dharma), Oupali répondant pour la première, Ananda pour la seconde et établit la base des livres sacrés, édités plus tard. Mahâkâsyapa était un mendiant pur et parfait. Il n'habitait pas parmi les hommes, mais là où s'élevaient les tertres funéraires. Il ne recevait pas l'aumône de l'habit, mais il ramassait des chiffons jetés dans le cimetière et les raccordant, il les portait. Il ne se nourrissait que deux fois par jour. Il est significatif que l'école du Zen désigna ce Mahâkâsyapa pour successeur direct de la Loi du Bouddha et non pas, par exemple, Ananda le plus érudit parmi ses disciples.

Le principe du Zen est fondé sur l'essence des enseignements du Bouddha, bien que quelques Occidentaux pen sent que le Zen n'est pas bouddhique. On peut le voir aisément dans le Sermon de Tetsugen (Zéniste japonais, 163o-1682) . Il explique systématiquement la pensée du Zen, utilisant la formule du bouddhisme indien du Vide des cinq agrégats :

Matière, Impressions, Concepts, Formations mentales, Conscience. Il y mentionne plusieurs fois des passages des Sûtra :
le Sûrangama-sûtra, l'Amitâbha-sûtra, le Saddharmapundarîka-sûtra, le Nirvâna-sûtra, le Sûtra de Diamant, le La-kâvatâra-sûtra etc. Après avoir critiqué le confucianisme et la taoïsme, il nous montre que le dialogue du zéniste est le résumé bref du noyau des Sûtra innombrables de l'Inde (Voir la traduction de l'auteur du « Sermon de Tetsugen sur le Zen », Risosha, Tokyo, 196o).

Dans son grand ouvrage :

« Le Magasin de l'Œil mental de la vraie Loi », Dôgen (fondateur de l'école Sôtô du Zen au japon, 1200-1253) attire notre attention sur le fait que dans cette Règle 6 le Vénéré du monde n'a pas dit de transmettre « le Zen », mais « le magasin de l'oeil mental de la vraie Loi ». Dôgen détestait ardemment que l'on appela son école : Zen; car pour lui il n'y avait que la Voie du Bouddha ; il était suffisant pour lui de s'appeler bouddhiste. Si les zénistes chinois et japonais considéraient cette transmission entre le Bouddha et Mahâkâsyapa comme l'origine de l'école du Zen, cela signifie que le Zen est l'essence de la Voie du Bouddha, c'est-à-dire du bouddhisme. La transmission de la Loi entre le maître et le successeur est intacte et intégrale, comme l'eau transvasée d'un récipient en un autre ou comme deux miroires se réfléchissant, sans images, l'un l'autre. Ils sont deux, mais un. On n'y distingue pas les aspects du maître, transmettant la Loi, et du successeur, en transmis. Ici réside le problème essentiel qu'on doit éclairer dans cette Règle; on ne doit pas s'attacher à cette fleur.

Pour éclairer cette transmission sans aspect Wou-men pose deux embrouillements contradictoires dans ses réflexions badines. Si on arrive à connaître la Loi unique dont chacun est pourvu foncièrement et où le transmetteur et le sucesseur se dissolvent en un, on ne sera pas troublé par ces complications.
« Sa queue est déjà découverte , :

l 'esprit du Bouddha n'est pas du tout caché, mais exposé à nu.


(1) Le Vénéré du monde, un des dix noms du Bouddha.
(2) Gautama, nom patronymique du Bouddha. Wou-men appelle le fondateur du bouddhisme par son nom, sans titre honorifique. C'est la façon de procéder de l'école du Zen.